En Principauté, le prix moyen du mètre carré a atteint 57 569 € en 2025 selon l’IMSEE, après 58 402 € l’année précédente. Ce léger recul ne suffit pas à inverser une tendance de fond portée par la rareté des logements, l’attrait international de Monaco et une demande qui demeure soutenue. Le seuil des 100 000 € existe bien, mais il concerne surtout certains biens d’exception, et non l’ensemble du marché.
La question d’investir à Monaco ne se résume donc pas à savoir si les prix vont encore monter. Elle suppose d’évaluer le budget d’acquisition, le quartier, l’usage du logement et le rendement attendu. Un achat destiné à préserver un patrimoine ne répond pas aux mêmes critères qu’un investissement locatif. Pour interpréter correctement le prix immobilier Monaco 2026, il faut aussi distinguer les ventes neuves des reventes et se méfier des moyennes qui masquent de fortes différences entre deux appartements comparables en surface.
En bref : que signifie le prix au m² à Monaco en 2026 ?
- Le prix moyen officiel s’établit à 57 569 €/m² en 2025, selon les dernières données de l’IMSEE disponibles pour éclairer le marché en 2026.
- Le seuil des 100 000 €/m² concerne surtout des biens ultra-prime, notamment dans certains immeubles du Carré d’Or, du Larvotto ou de Mareterra.
- Les reventes et les logements neufs ne sont pas directement comparables : la livraison de programmes prestigieux peut fortement modifier les moyennes annuelles.
- Le rendement immobilier Monaco est généralement modeste, souvent estimé autour de 2 à 3 % brut selon le bien et le loyer.
- L’achat se justifie d’abord par une stratégie patrimoniale, une résidence ou une détention à long terme, plutôt que par une recherche de rendement élevé.
Prix au m² à Monaco : pourquoi les 100 000 € ne sont pas la norme
Le chiffre moyen publié par l’IMSEE donne un repère utile, mais il ne constitue pas une grille tarifaire applicable à chaque appartement. Les valeurs observées varient selon le quartier, l’étage, l’état intérieur, la vue, l’exposition et les annexes. Un parking, une terrasse ou une cave peuvent modifier sensiblement l’intérêt d’un lot. À Monaco, la comparaison au seul mètre carré est donc parfois trompeuse : les actes de vente ne renseignent pas toujours une surface commercialisée comparable, et les acquéreurs achètent un ensemble de caractéristiques plutôt qu’une quantité abstraite de superficie.
Les transactions au-delà de 100 000 €/m² se rencontrent dans les segments les plus rares. Des appartements avec vue mer, prestations haut de gamme et adresse prestigieuse peuvent atteindre ce niveau, voire le dépasser dans des opérations exceptionnelles. À Larvotto, certaines ventes remarquables ont dépassé 120 000 €/m², tandis que le marché courant du quartier se situe généralement à des niveaux moins élevés. Dans le Carré d’Or, des résidences emblématiques affichent également des prix supérieurs à la moyenne monégasque, sans que cela décrive l’ensemble de Monte-Carlo.
Pour une mise en perspective, les données communiquées pour 2025 situent le Larvotto autour de 71 167 €/m², Monte-Carlo près de 54 000 €/m² et Moneghetti autour de 43 797 €/m². Ces indications varient selon les méthodes de calcul et le nombre de ventes retenues. Elles ne remplacent pas une estimation fondée sur des transactions comparables récentes. Une moyenne de quartier peut être influencée par la vente d’un penthouse ou d’un appartement neuf très coûteux.
| Repère de marché | Ordre de grandeur communiqué | Lecture pour l’acquéreur |
|---|---|---|
| Moyenne monégasque 2025 | 57 569 €/m² | Indicateur général, pas estimation d’un lot particulier |
| Larvotto | Environ 71 167 €/m² | Prime liée à la proximité de la mer et aux biens rares |
| Monte-Carlo | Environ 54 000 €/m² | Écarts notables selon l’immeuble et l’adresse |
| Moneghetti | Environ 43 797 €/m² | Valeurs plus accessibles à l’échelle monégasque |
| Biens ultra-prime | Plus de 100 000 €/m² dans certains cas | Transactions exceptionnelles, non représentatives du marché moyen |

La bonne question n’est donc pas seulement de savoir si le prix au-delà de 100 000 euros est justifié. Elle consiste à déterminer si la prime rémunère des qualités durables, comme une vue difficile à reproduire, ou si elle repose surtout sur une rareté ponctuelle. Cette distinction prépare l’analyse du neuf et de l’ancien.
Neuf ou ancien : deux marchés qui ne racontent pas la même histoire
Le marché immobilier monégasque regroupe des segments aux dynamiques différentes. L’IMSEE distingue notamment les premières ventes de logements neufs et les reventes de logements existants. Une année marquée par la livraison d’un programme prestigieux peut faire grimper la valeur moyenne des ventes neuves, sans signifier que tous les appartements de la Principauté ont progressé dans les mêmes proportions. En 2024, la livraison de logements de Mareterra a contribué à un niveau exceptionnel : 101 ventes neuves ont été recensées et leur prix moyen dépassait 36 millions d’euros. La moyenne reflète alors des biens de très grande valeur et de grandes superficies.
Les chiffres des reventes offrent souvent une lecture plus régulière. En 2024, leur prix moyen a atteint 51 967 €/m² selon les données présentées, tandis que le prix médian d’un appartement ancien se situait autour de 3,6 millions d’euros. La médiane signifie qu’une moitié des transactions est inférieure à ce montant et l’autre moitié supérieure. Elle permet de mieux comprendre le budget courant des ventes que la moyenne, laquelle peut être tirée vers le haut par quelques opérations de prestige.
Les logements neufs s’adressent fréquemment à des acquéreurs recherchant de grandes surfaces, des prestations contemporaines et des services intégrés. En 2024, plus de la moitié des transactions neuves mentionnées dépassaient 20 millions d’euros. À l’inverse, les reventes comprennent encore de nombreux studios et appartements de deux ou trois pièces. Environ 65 % des reventes observées en 2024 se situaient sous 5 millions d’euros, même si cette tranche représente une part plus faible qu’une décennie auparavant. Le marché se transforme : les petites surfaces restent présentes, mais les biens familiaux haut de gamme prennent davantage de place.
Pour un investisseur, l’ancien peut offrir une marge de valorisation immobilière par rénovation, à condition d’intégrer le coût des travaux, les règles de copropriété et les délais. Un appartement à rafraîchir à La Rousse ou aux Moneghetti peut sembler moins cher qu’un bien neuf, mais le prix initial ne suffit pas à mesurer l’opération. Il faut chiffrer les travaux, les frais d’acquisition, les charges et le loyer réaliste. Dans le neuf, le confort et la rareté peuvent soutenir la valeur, mais un prix d’entrée élevé réduit parfois la marge de progression future.
Les séries historiques confirment une hausse de long terme, avec une progression annoncée de 44 % sur dix ans et le franchissement du seuil de 50 000 €/m² en 2021. Cela ne garantit pas une hausse annuelle continue. Le recul moyen enregistré entre 2024 et 2025 rappelle qu’un marché patrimonial peut connaître des ajustements ponctuels, surtout lorsque la composition des ventes change.
Quels quartiers privilégier pour un achat immobilier à Monaco ?
À Monaco, les distances sont courtes, mais les quartiers ont des profils distincts. Le Carré d’Or attire une clientèle sensible au prestige, à la proximité des commerces et aux immeubles emblématiques. Les biens les plus recherchés peuvent afficher une forte prime, notamment lorsqu’ils combinent étage élevé, vue dégagée et prestations récentes. Cette adresse peut convenir à un acquéreur qui privilégie la liquidité et l’image patrimoniale, mais le prix d’entrée limite l’accès et le potentiel locatif ne compense pas toujours le capital engagé.
Le Larvotto et Mareterra occupent une place à part grâce à leur situation en bord de mer et à la rareté des logements offrant une vue directe. Les ventes record y attirent l’attention, mais elles ne doivent pas servir seules de référence pour estimer un appartement ordinaire. Un bien moins bien orienté ou situé dans un immeuble plus ancien peut afficher une valeur très différente. Le secteur peut convenir à une stratégie de détention patrimoniale, à condition que l’acquéreur accepte une mise de fonds élevée et un rendement locatif généralement modéré.
Fontvieille et La Condamine proposent un autre équilibre. Fontvieille est apprécié pour son environnement résidentiel, ses commerces et ses services, tandis que La Condamine bénéficie d’une position centrale et de la proximité du port. Les estimations disponibles placent ces secteurs autour de 52 000 à 54 000 €/m², avec des variations selon l’immeuble et l’état du logement. Pour une famille, l’organisation quotidienne et la superficie peuvent compter davantage que le prestige associé à une adresse ultra-prime.
La Rousse, le Jardin Exotique et les Moneghetti peuvent présenter des points d’entrée moins élevés à l’échelle de la Principauté. Les repères communiqués pour 2025 vont d’environ 43 800 €/m² aux Moneghetti à près de 51 300 €/m² à La Rousse. Ces moyennes ne garantissent pas qu’un appartement donné soit abordable : un étage élevé, une rénovation de qualité ou une vue remarquable peuvent rapidement changer le prix. Monaco-Ville, enfin, se distingue par son caractère historique et son faible volume de transactions, ce qui rend les comparaisons particulièrement délicates.
Une sélection de quartier peut s’appuyer sur des critères concrets :
- Pour privilégier l’adresse et le prestige : comparer les immeubles du Carré d’Or et du Larvotto, sans extrapoler les records à tout le quartier.
- Pour un usage familial : examiner les surfaces, les écoles, les commerces et les déplacements à Fontvieille ou à La Condamine.
- Pour contenir le prix d’acquisition : étudier les Moneghetti, le Jardin Exotique ou certains secteurs de La Rousse.
- Pour un projet de rénovation : vérifier les règles de copropriété, les contraintes techniques et le coût complet des travaux avant toute offre.
Le quartier fixe un cadre, mais la qualité de l’immeuble et du lot reste déterminante. Pour deux appartements de même surface, l’étage, la lumière et les annexes peuvent peser davantage que quelques rues de distance.
Investir à Monaco en 2026 : rendement, financement et risques
Monaco est souvent abordé comme un marché de préservation du capital plutôt que comme un marché de rendement élevé. Les estimations disponibles situent le rendement immobilier Monaco autour de 2 à 3 % brut selon le type de logement, le prix d’achat et le loyer obtenu. Le rendement brut se calcule en divisant le loyer annuel par le prix d’acquisition, sans déduire les charges, les frais, les périodes sans locataire ni les travaux. Le rendement net est donc inférieur et doit être calculé à partir du coût total de l’opération.
À titre indicatif, un appartement de 40 m² acheté 1,8 million d’euros et loué 3 200 € par mois générerait 38 400 € de loyers annuels, soit environ 2,1 % brut avant dépenses. Ce calcul simplifié ne constitue pas une estimation de marché : le loyer dépend notamment de l’adresse, de l’état du logement et de ses équipements. Il montre cependant pourquoi un acheteur uniquement motivé par le revenu locatif doit comparer Monaco à d’autres placements et intégrer le coût d’opportunité du capital.
Le financement demande une préparation particulière. À ces niveaux de prix, un apport important est souvent nécessaire et les conditions bancaires doivent être étudiées avant de s’engager. Le plan financier doit intégrer le prix, les frais d’acquisition, les charges de copropriété et une réserve de trésorerie. Pour un bien à rénover, une marge de sécurité est utile : les travaux dans un immeuble ancien peuvent révéler des contraintes techniques ou des règles collectives qui modifient le budget initial.
La demande internationale, la rareté foncière et l’attractivité de la Principauté soutiennent les valeurs. Pourtant, l’investissement n’est pas sans risque. Une hausse des taux peut réduire la capacité d’achat, un contexte économique défavorable peut ralentir les transactions et les contrôles liés à la conformité financière peuvent prolonger certaines opérations. L’étroitesse du marché implique également qu’un bien très spécifique peut prendre du temps à trouver son acquéreur, même si la demande générale reste solide.
Une analyse prudente distingue donc la performance attendue de l’utilité patrimoniale. Un appartement peut être intéressant parce qu’il répond à un besoin de résidence, diversifie un patrimoine ou offre une détention dans un marché rare, sans produire un rendement élevé. Avant d’acheter, il est judicieux de faire vérifier les aspects juridiques, fiscaux et successoraux par des professionnels compétents, car la situation personnelle de l’acquéreur compte autant que le prix affiché.
Les perspectives du marché immobilier monégasque après les records
Les indicateurs disponibles pour 2025 montrent un marché actif, mais plus contrasté qu’une lecture des seuls prix pourrait le laisser penser. Les données fournies font état de 493 transactions pour près de 5,9 milliards d’euros, dont 429 reventes, tandis que les ventes neuves reculent à 64. Cette évolution reflète notamment le rythme des livraisons : une année sans programme comparable à Mareterra ne peut être interprétée comme un affaiblissement automatique de la demande. Le nombre et le type de biens vendus influencent fortement les totaux.
Pour 2026, une stabilité ou une progression modérée paraît plus prudente à envisager qu’une hausse uniforme de tous les logements. Les secteurs les plus recherchés pourraient conserver une prime, tandis que des biens nécessitant des travaux ou présentant des caractéristiques moins rares pourraient évoluer différemment. Une prévision de hausse de 2 à 5 % est parfois avancée, mais elle dépendra de facteurs économiques et financiers difficiles à isoler. Elle ne doit pas être intégrée comme un rendement garanti dans un plan d’investissement.
Les nouvelles livraisons, la rénovation des quartiers et les infrastructures peuvent soutenir l’attractivité locale. En parallèle, le cadre réglementaire, les exigences de conformité et l’évolution des taux influencent la capacité des acheteurs à finaliser une acquisition. Le marché monégasque reste international : les arbitrages patrimoniaux d’acquéreurs fortunés peuvent soutenir la demande, mais une évolution de la conjoncture mondiale peut aussi ralentir certains projets.
Pour analyser une opportunité, un acquéreur peut comparer plusieurs ventes récentes dans le même immeuble ou dans des résidences proches, puis ajuster selon l’étage, la vue, l’état et les dépendances. Il peut aussi tester plusieurs scénarios : conservation longue, mise en location, rénovation ou revente à moyen terme. Cette méthode évite de confondre rareté générale et qualité particulière d’un appartement. Le prix immobilier Monaco 2026 se comprend ainsi comme une série de micro-marchés plutôt que comme une valeur unique applicable à chaque porte.
Au-delà des 100 000 €/m², l’enjeu est de savoir si le bien possède des caractéristiques réellement difficiles à remplacer et si son prix reste cohérent avec l’objectif de l’acheteur. La rareté peut soutenir une valeur, mais elle ne dispense ni d’une due diligence rigoureuse ni d’un calcul complet du coût de détention.
Questions fréquentes sur les prix et l’investissement à Monaco
Quel est le prix moyen au m² à Monaco en 2026 ?
La dernière donnée officielle citée pour le marché est de 57 569 €/m² en 2025, selon l’IMSEE. Elle sert de repère en 2026, mais ne permet pas d’estimer seule un appartement, car les écarts entre quartiers, immeubles et biens sont importants.
Les appartements à Monaco dépassent-ils souvent 100 000 €/m² ?
Non. Ce niveau concerne principalement des ventes exceptionnelles dans des secteurs ultra-prime comme le Carré d’Or, le Larvotto ou Mareterra. Il ne représente pas le prix courant de l’ensemble du marché monégasque.
Quel rendement locatif peut-on attendre à Monaco ?
Les estimations disponibles évoquent généralement un rendement brut de l’ordre de 2 à 3 %, selon le logement et le loyer. Le rendement net est inférieur après charges, frais, travaux et périodes de vacance locative.
Quel quartier est le plus accessible pour un achat immobilier à Monaco ?
Les Moneghetti, le Jardin Exotique et certains secteurs de La Rousse présentent des niveaux moyens moins élevés que le Larvotto ou le Carré d’Or. La valeur d’un appartement dépend néanmoins de ses caractéristiques précises et du nombre limité de ventes comparables.
Est-ce le bon moment d’investir à Monaco en 2026 ?
La réponse dépend de votre objectif, de votre horizon de détention et de votre capacité financière. Monaco peut répondre à une stratégie patrimoniale de long terme, mais ses prix élevés et son rendement locatif modéré imposent une analyse complète du bien et des frais.